Interview de Ladra

Il y a quelques années, j’ai croisé Maylis dans le cadre de nos études. Elle a un parcours atypique par rapport à la plupart d’entre-nous, elle a osé se remettre en question après avoir travaillé quelques temps dans une société à Bruxelles, pour se concentrer sur le sens qu’elle voulait donner à sa vie, moment où la photo a pris une place plus importante pour elle. Son travail est super vrai, authentique et plein de sens à mes yeux.
Elle a également posé plusieurs fois pour moi, je me souviens d’une séance au Mont Panisel, pleine d’émotion saisies sur les images ou d’une séance plus intimiste dans le grenier des Creative Monkeys !
Photo par : http://facebook.com/seb.santarelli
Maylis chez Creative Monkeys

Maintenant, Maylis fait partie du groupe des sorties photos Mons et partage avec nous sa passion. Elle a d’ailleurs créé une page et un site au nom de Ladra.
 Je suis toujours surpris de l’angle qu’elle peut prendre lors d’une séance photo et de la manière dont elle arrive à voir certaines modèles, en leur offrant une seconde image. C’est pour ces raisons que j’ai eu envie de m’intéresser un peu plus encore à son travail.
Hello !
Maylis, Ladra, comment dois-je t’appeler ?
Maylis, c’est mon prénom
D’ou vient ce nom, Ladra, d’ailleurs ?
C’est une « longue » histoire. A la base, c’est un pseudo que je pensais inventer pour un jeu vidéo. Par après, un ami italien m’a dit que ça voulait dire voleuse. Mais bon, je l’ai gardé quand même. J’ai toujours signé mes dessins de ce pseudo et c’est venu naturellement pour les photos également. C’est devenu mon nom d’artiste finalement. 
Comment t’es venue l’envie de faire des photos ? De passer de l’autre côté de l’appareil ?
C’est vraiment venu quand j’ai remis ma vie en question. J’ai quitté mon premier job et la question de quoi faire après cette première expérience se posait. Pour y répondre (en partie), je suis partie en voyage et la photo a pris une plus grande place à ce moment-là car je voulais immortaliser ce que je voyais dans les autres pays. Mais je ne dirais pas que je suis passée de l’autre côté de l’appareil car je ne considère pas que j’étais déjà d’un côté ou d’un autre avant ça. J’ai servi de modèle une fois avant de commencer à faire des photos. C’était plus « je vous sers de modèle parce que vous en avez besoin et que c’est une nouvelle expérience pour moi » que vraiment pour vouloir devenir modèle. Etre photographe est vraiment ce qui m’intéresse le plus. La partie modèle me permet de savoir ce que ça fait pour ceux et celles que je photographie. Ca m’en apprends aussi sur le coté photographe finalement. 
Montre nous la photo dont tu es la plus fière ? Quelle est son histoire ?
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C’est difficile d’en choisir une mais j’adore celle-ci. J’adore tout ce shooting en fait. Je trouve qu’il véhicule vraiment quelque chose. Et il représente ce que j’adore : casser les images préconçues. Il est paradoxal de par le mélange de la douceur et la noblesse de la danse classique d’un côté et la dureté et le commun du lieux de l’autre. C’est aussi celui pour lequel j’ai eu le plus de retours non seulement positifs mais aussi « impressionnés ». Mon frère m’a dit : « Ces photos là sont dignes d’une professionnelle ». C’est son avis et je ne sais pas si tout le monde le partage mais ça fait chaud au coeur de l’entendre, ça rassure. On se sent valorisé, on sent son travail valorisé quand on entends ça et on en est fière. Surtout quand on ne fait des photos que depuis quelques mois. Ça encourage à continuer dans cette voie.  
Que t’apporte la photographie dans ta vie de tous les jours ?
Des rencontres, le développement de ma partie créative, de la reconnaissance. Ca a aussi un peu remplacé le dessin (que je pratique beaucoup moins) pour le côté échappatoire. Toutes les étapes apportent quelque chose d’énorme pour moi. Le shooting en lui-même permet de faire de magnifiques rencontres. Même si ça ne dure parfois que le temps de quelques heures, j’aime beaucoup ça.
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Mike by Ladra
Ca encourage ma créativité que j’ai tendance à minimiser. La photo me permet de me la remettre en pleine face et me rappeler qu’elle existe quelque part en moi. La reconnaissance pour les retours que j’ai et qui font du bien, qui mettent en confiance. Et l’échappatoire car on en a tous besoin d’un je pense. Le post-traitement me le permet car je suis dans mon monde et je fais ressortir ce que je ressens à ce moment-là particulièrement. 
Tu fais beaucoup de portraits, un autre domaine de la photographie qui te botte ?
Les villes étrangères et leur vie, l’urbex… Je fais moins d’urbex parce que je n’aime pas en faire seule et que la vie fait que j’en fais moins à présent. Mais ça reste quelque chose que j’adore. J’ai beaucoup de photos de portraits car le groupe « I shoot for free » les facilite. Mais j’ai encore toutes les photos de mon voyage à travers l’Europe à trier ! Et bientôt, le Canada, ça fera un peu varier les plaisir 🙂
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Belgrade -(12)
Comment nourris-tu ton inspiration ? Ton apprentissage ?
C’est en photographiant qu’on devient photographe ? 😀 J’apprends en faisant. Et beaucoup grâce aux autres photographes également (mon père, le groupe photo sur mons..). Mon inspiration, ça vient, ça part, ça dépend de mon humeur, de ma vie personnelle. Quand c’est là, ça vient de l’observation, de la curiosité. Je suis intéressée par beaucoup de choses et je suis vite impressionnée par ce que les gens peuvent faire alors si je ne peux pas toujours faire ces choses aussi, je peux au moins les photographier ! L’inspiration peut aussi venir des modèles en eux-mêmes. Quand je vois certaines personnes, parfois, je les relie directement à un projet ou à une idée. Comme ce fut le cas avec Lissa et le projet « studioddities ».
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Comment trouves-tu tes modèles ? Que doit avoir une personne pour devenir un de tes sujets photographique ?
Les modèles, je les trouve principalement via Facebook . J’ai des personnes qui commencent à me contacter via ma page. C’est une toute autre approche.
Une personne ne doit pas avoir des critères particuliers. Ce n’est pas une science exacte où il y a des cases à cocher pour entrer dans la sélection. C’est très subjectif et ça n’a rien à voir avec la beauté physique. Il faut « juste » que la personne m’inspire, justement puisqu’on parlait d’inspiration… Je n’aime pas faire des portraits pour dire de faire des portraits. J’aime avoir un contexte ou un thème derrière. Si la personne ne véhicule pas quelque chose, ne me fais pas « ressentir » quelque chose, j’aurai beaucoup de mal à faire de bonnes photos d’elle. Mais encore une fois, c’est subjectif. Il ou elle pourra ne pas m’inspirer mais trouver un autre photographe qui l’adorera comme l’inverse. 
Comment te vois tu évoluer ? Quels sont tes prochains projets ?
Des projets il y en a tellement ! Réalisables ou pas c’est une autre question ! Mais j’aimerais beaucoup photographier une session de tatouage, un barman ou une barmaid en plein travail, des coiffeu(se)s, des personnes dans leur passion dans leur art, dans leur métier, des sportifs, tester un mariage quand même, j’aimerais refaire de l’urbex. Puis il y a le Canada comme je disais avec un tour des US très probable. Ce qui fera aussi un projet au niveau photographique en plus d’être un projet personnel et professionnel. 
Indian Culture
Indian Culture by Ladra
Au niveau de l’évolution, je ne sais pas trop. J’aime garder la photo comme une passion plutôt que comme une source de revenus. Ce côté me fait un peu peur car on ne fait plus uniquement ce qu’on aime. Les collaborations deviennent des ventes et les modèles deviennent des clients. Et ça m’intéresse moins. Si la photo doit un jour me rapporter quelque chose, je préférerais que ce soit par des expositions. Mais bon, on verra les opportunités qui se montrent 🙂 J’aimerais aussi me former dans le graphisme histoire de pouvoir encore plus m’amuser sur le post-traitement.
As tu quelque chose à ajouter à ton propos ?
Ah, si tu me donnes libre cours au discours, je pourrais te taper un bouquin ! Donc je te remercierai simplement de m’avoir donner l’occasion de me présenter un peu plus, de m’avoir introduit à ce monde merveilleux via ce premier shooting de groupe et merci pour l’appareil photo que je t’ai racheté, c’est un compagnon parfait pour commencer, un petit objet qui regroupe déjà énormément de souvenirs inoubliables. Et je dirais que si des personnes veulent me contacter, que ce soit pour faire des photos, proposer un projet, ou simplement parler de l’intérêt commun pour la photo, qu’elles n’hésitent pas. Je répondrai toujours avec plaisir !
Un tout grand merci à toi de t’être tant ouverte au travers de cette interview, j’en ai moi-même appris davantage sur ta photographie. A quand tu veux  et bon voyage ! 😉
Pauline-
Pauline by Ladra

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